La Schizophrénie. Dix ans après la première conférence de consensus. Le point sur la situation

Il est difficile de rendre compte de l’ensemble des idées transmises à ce colloque car elle furent nombreuses et souvent complexes.
Cependant, je voudrais ici transmettre les idées qui ont le plus retenu mon attention. La première chose sera sans doute que les usagers ont inauguré et clôturé le colloque. Ils ont pu transmettre des idées tel que l’importance de développer les associations d’usagers, d’accorder une grande attention aux facteurs de stress, d’accorder une place toujours plus grande à la famille, de garder comme priorité le respect du droit de patient, d’être plus attentif dans la procédure de la mise en observation et d’essayer de développement des alternatives, …

Monsieur De Coster a ouvert le colloque, en rappelant qu’il y avait 0,3 à 0,5 pour 1000 de schizophrène. Il a signalé que la priorité était la prévention des rechutes, en stimulant le patient afin de lutter contre son isolement. Il est important également de maintenir une continuité dans les soins et de créer un environnement sans stress pour le patient. Actuellement, il existe des projets pilotes auquel participaient des patients. Les données issues de ces projets seront très importantes à prendre en compte à l’avenir.

Les familles étaient représentés via Similes. Elles ont insisté sur leur impuissance durant la présence des troubles. Pour aider les membres de l’entourage, Similes a mis sur pieds un module « Profamille » qui fournit des informations précises sur la maladie, offre des « trucs et techniques » via des jeux de roles et une aide dans la gestion les émotions.

Les circuits et l’organisation des soins ont également été abordés par Chantal Van Audenhove (Lucas, Leuven) ; les soins évoluent et sont en pleine mutation. On est dans une époque de projets et il est temps de les mettre en place !.

La loi de mise en observation, présentée par Vincent Macq (Université de Namur), a également été abordée. A cette occasion il a été rappelé que la procédure d’urgence était une procédure violente qui ne devait être utilisée qu’en urgence réelle.

Quant à Martin Lambert (Universitâtslinik, Hamburg), il nous a parlé de la phase « prodromale » qui est axée sur le traitement rapide le premier épisode. Il s’agit de mettre en place un traitement de longue durée bien intégré où la collaboration entre les différents professionnels doit être très bonne. En Australie, il existe un mandat de traitement pour une institution spécialisée dans lesquels sont inclus tout les soins spécialisés (psycho-éducation, thérapies, …). Tout le personnel soignant reçoit une formation spécialisée.

Philip Gorwood (INSERM, Paris) est venu parler des traitements? Les neuroleptiques et les antipsychotiques de deuxième génération améliorent la qualité de vie des patients (capacité à parler, habilités cognitives, moins d’effets secondaires, …). Enfin, alors qu’il y a dix an on parlait de donner le traitement pendant un an au moins a près le premier épisode, on parle aujourd’hui de 3 à 5 ans. En effet, après 2 ans de traitement, le taux de rechute est de 94% !

Les thèmes de la comorbidité somatique et la mortalité ont été abordé. Les schizophrènes sont plus sujettes a certaines maladies, les schizophrènes ont plus de cholestérol, plus de diabète et sont particulièrement sujet aux maladies cardio-vasculaires (ils ont deux fois plus de chance de décéder d’une maladie cardio-vasculaire que la population « normale »). Ce tendence n’est pas du aux médicaments, Il est donc fort important de renforcer la collaboration entre médecin traitant et psychiatre et également de faire de la prévention.

En ce qui concerne la génétique, le professeur Van Ost (Universiteit Maastricht Institute of Psychiatry, London) a souligné qu’ aucun gène n’a pu être identifié comme étant responsable de la maladie. Les études actuelles se concentrent sur l’interaction entre le gène et l’environnement.

Tom Burns (Université d’Oxord) a, quant à lui, mis en évidence les dernières évolutions en matière de réhabilitation. Les éléments importants afin de réduire les hospitalisation seraient, des interventions à domicile, d’avoir une équipe pluridisciplinaire (qui s’occupe aussi bien de santé que de social), et d’intégrer le psychiatre au sein de cette équipe. Enfin, Max Birchwood (University of Birmingham) a mis en évidence les progrès des thérapies cognitives. Ces dernières contribuent à diminuer les symptômes et augmentent la compliance au traitement.

En conclusion ce colloque a tenu ses promesses, dis ans après le Consensus, les spécialistes ont fait le point des dernières avancées et les pistes de travail pour l’avenir. En tant qu’usager, j’ai eu parfois des difficultés de suivre les argumentations techniques, malgré la complexité, l’essentiel est, je pense, bien intégré.

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